Pourquoi la France s'en sort mieux que ses voisins européens

La récession économique a touché la plupart des pays européens de façon synchronisée à partir de la mi-2008.

La chute de la croissance n'a cependant pas été de la même ampleur.

Ainsi, sur l'épisode de récession (mi-2008 à mi-2009), le PIB a fortement baissé en Allemagne et en Italie (respectivement -6,3 points et -6,5 points), un peu moins en Espagne et au Royaume-Uni (-4,2 points et -5,6 points respectivement) et sensiblement moins en France (-3,3 points), révèle l'Insee dans sa note de conjoncture publiée le 17 décembre.

Pour l'Institut national de la Statistique, cette bonne résistance de la France est liée à "son absence de handicaps spécifiques".

Si la France a été  relativement épargnée par la récession, c'est en effet parce que sa croissance est moins dépendante des exportations que l'Allemagne, parce que la crise immobilière l'a moins frappée que l'Espagne ou que le Royaume-Uni, que ses ménages et ses entreprises étaient moins endettés que les espagnols et les britanniques, ou encore que son plan de relance lui a permis de soutenir le pouvoir d'achat des ménages, au contraire de l'Italie.

"Ce n'est pas tant la France qui a enregistré une meilleure performance économique que ses principaux voisins qui ont été pénalisés par des facteurs spécifiques propres à chacun", conclut l'Insee.

"Ces facteurs de plus forte récession chez nos voisins européens sont aussi ceux à l'origine de leur croissance forte avant la crise, relève Frédérique Cerisier, économiste chez BNP Paribas.

La France a un modèle de croissance moins cyclique que d'autres pays.

Mais au final, les points de croissance que nous n'avons pas perdu en 2008 et 2009, ce sont les points de croissance que nous n'avions pas gagné les années précédentes".

La capacité de résistance de la France va durer en 2010

Et pour la reprise? La zone euro est sortie de la récession au troisième trimestre 2009, mais là encore en ordre dispersé.

Là encore, la France fait figure de bonne élève puisqu'elle a renoué avec une croissance positive de son PIB dès le printemps, comme l'Allemagne d'ailleurs.

L'Insee estime que la croissance sera ainsi plus soutenue en France et en Allemagne au cours du premier semestre 2010 tandis qu'elle stagnerait en Espagne, en Italie, pays où la demande intérieure va rester à un niveau très faible.

"La capacité de résistance de la France va se prolonger tout au long de l'année 2010, grâce notamment au socle que constitue la consommation des ménages, estime Frédérique Cerisier.

Mais quand le commerce mondial sera plus vigoureux, vers 2011-2012 espérons-le, la France sera dans l'incapacité d'en bénéficier, au contraire de l'Allemagne."

Donc oui, la France devrait renouer avec la croissance plus vigoureusement et plus rapidement que ses voisins espagnols, italiens ou britanniques, dans le sillage de l'Allemagne.

L'Insee prévoit un acquis de croissance du PIB français en 2010 de +1,1% et de +,,6% pour l'Allemagne, contre +0,4% pour le PIB italien, +,01% pour le Royaume-Uni et -,3% pour le PIB espagnol.

Toutefois, comme avant la crise, la France souffre toujours d'insuffisances structurelles - faible compétitivité, rigidité du marché du travail, faible investissement des entreprises - qui ne lui permettront pas d'accrocher une croissance de plus de 3% quand l'économie mondiale sera de nouveau sur les rails.

Autrement dit, ces facteurs qui ont atténué la récession dans l'Hexagone seront ceux qui limiteront sa croissance à l'avenir.

Source : L'Expansion.com